La start-up française Epyr a annoncé le 13 octobre une levée de fonds de 15 millions d’euros en série A pour accélérer le déploiement de ses batteries thermiques à briques réfractaires, destinées à électrifier la chaleur des procédés industriels.
Plan de l'article
- Une levée menée par Slate VC, sursouscrite selon la presse spécialisée
- Des briques réfractaires pour remplacer le gaz dans les procédés
- Prochaine étape : une unité de 35 MWh chez Papeco
- Une semaine où l’industrie tire la French Tech
- Ce que cela dit du marché de la chaleur bas carbone
- Questions fréquentes
Une levée menée par Slate VC, sursouscrite selon la presse spécialisée #
Le tour de table a été annoncé le 13 octobre 2026. Selon tech.eu, l’opération est menée par le fonds Slate VC, accompagné des investisseurs historiques AENU, Daphni, OVNI Capital, WEPA Ventures et Aurum Impact, et elle aurait été sursouscrite.
La presse anglophone spécialisée dans la transition énergétique, dont ESG Today, chiffre la même opération à 17 millions de dollars, simple conversion du montant en euros. Epyr avait auparavant bouclé un pré-amorçage de 3 millions d’euros en 2025, ce qui porte son financement total connu à environ 18 millions d’euros.
Des briques réfractaires pour remplacer le gaz dans les procédés #
La technologie d’Epyr s’attaque à un angle mort de la décarbonation : la chaleur industrielle, encore massivement produite en brûlant du gaz. Le principe est volontairement simple. Des résistances électriques chauffent un massif de briques réfractaires lorsque l’électricité est abondante et bon marché, typiquement lors des creux de consommation ou des pics de production renouvelable.
La chaleur stockée est ensuite restituée en continu au procédé industriel, notamment sous forme de vapeur. L’usine lisse ainsi son coût d’approvisionnement tout en réduisant sa dépendance au gaz, sans modifier son procédé en aval.
Un démonstrateur qui tourne déjà chez WEPA à Troyes
L’argument commercial d’Epyr ne repose pas que sur des promesses. Sa première unité a été inaugurée en mai 2026 à la papeterie du groupe allemand WEPA située près de Troyes, dans l’Aube. D’après tech.eu, cette installation couvre aujourd’hui jusqu’à un quart des besoins en vapeur du site. Le fait que WEPA Ventures, le fonds du groupe papetier, remette au pot dans cette série A vaut validation par le client lui-même.
Prochaine étape : une unité de 35 MWh chez Papeco #
Les fonds levés doivent financer l’industrialisation et les prochains déploiements. Le premier d’entre eux est déjà identifié : une batterie thermique de 35 MWh prévue chez le papetier Papeco, toujours selon tech.eu. Le choix répété du secteur papetier n’a rien d’un hasard : les papeteries consomment de la vapeur en continu, ce qui en fait un terrain idéal pour amortir ce type de stockage.
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Une semaine où l’industrie tire la French Tech #
Cette levée est la plus grosse opération française de la semaine. Selon le bilan hebdomadaire de Maddyness publié le 16 octobre, les start-up françaises ont levé 58,5 millions d’euros en dix opérations sur la semaine, soit un ticket moyen de 5,9 millions d’euros. Epyr représente à elle seule plus du quart du total.
Le reste du classement confirme la bonne tenue des start-up industrielles : HyLight a levé 6,5 millions d’euros pour ses dirigeables autonomes à hydrogène dédiés à l’inspection d’infrastructures critiques, et Koddex 3 millions d’euros pour son environnement d’ingénierie à base d’agents d’IA pour les produits industriels réglementés.
Ce que cela dit du marché de la chaleur bas carbone #
Le stockage thermique sur briques, parfois surnommé « batterie de chaleur », attire de plus en plus d’investisseurs en Europe parce qu’il traite un gisement énorme avec une technologie frugale : pas de métaux critiques, pas d’électrochimie, des matériaux réfractaires éprouvés. La valeur se joue sur le pilotage, c’est-à-dire la capacité à charger la batterie au bon moment sur le marché de l’électricité.
Pour les industriels français confrontés à un gaz durablement plus cher qu’avant 2021 et à des objectifs de décarbonation contractuels, ce type de solution offre un levier sans refonte du procédé. Le passage d’Epyr du démonstrateur troyen à une unité de 35 MWh dira si le modèle tient la montée en échelle.
Questions fréquentes #
Que fait exactement Epyr ?
Epyr conçoit des systèmes de stockage de chaleur : des briques réfractaires chauffées par des résistances électriques quand l’électricité est bon marché, qui restituent ensuite cette chaleur, notamment en vapeur, aux procédés industriels.
Qui a investi dans cette série A ?
Le tour de 15 millions d’euros est mené par Slate VC, avec la participation d’AENU, Daphni, OVNI Capital, WEPA Ventures et Aurum Impact, selon tech.eu et Maddyness.
La technologie est-elle déjà en service ?
Oui. Une première unité fonctionne depuis mai 2026 à la papeterie WEPA de Troyes, où elle couvre jusqu’à un quart des besoins en vapeur du site, et une unité de 35 MWh est prévue chez Papeco.




